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Gérard Brégier

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La sûreté nucléaire
menacée ?
(source
:
http://www.humanite.presse.fr/)
Énergie . La CGT accuse la course à la rentabilité financière menée par EDF
de provoquer une dégradation de la sûreté des centrales.
La FNME-CGT a tiré hier, au cours d’une conférence de presse avec les
fédérations de la métallurgie et du bâtiment, le signal d’alarme sur la «
dégradation du niveau de sûreté des centrales nucléaires ».
Selon la CGT, depuis septembre 2005, « quatre plans d’urgence internes ont
été déclenchés suite à des incidents importants » dans des centrales
nucléaires françaises. D’après le syndicat, ces incidents auraient pu
connaître une issue dramatique. Ainsi, le 23 novembre dernier « des blessés,
voire des victimes auraient pu être déplorés » après l’explosion d’une
tuyauterie de refroidissement de la turbine de la centrale de
Nogent-sur-Seine. « Seule l’heure tardive de l’incident (23 h 30) a permis
d’éviter le pire », affirme Pascal Painault, membre du CHSCT de la centrale.
Au-delà de la mise en danger des travailleurs du nucléaire, les fédérations
CGT craignent « l’imminence d’un incident ou accident ayant de graves
conséquences pour les installations et l’environnement ». Le 22 novembre
dernier, l’explosion et l’incendie d’un transformateur à la centrale du
Blayais près de Bordeaux auraient entraîné une fuite de pyralène « qui
aurait pu avoir de graves conséquences ».
Le secrétaire fédéral de la CGT-Énergie, Michel Estevez, estime que les
incidents survenus récemment dans les centrales nucléaires « attestent
individuellement, comme dans leur enchaînement, d’une dégradation effective
du niveau de sûreté ». Une dégradation qui tiendrait son origine « d’une
gestion et d’un management tourné essentiellement vers la recherche de gains
financiers ». Dans le collimateur des syndicats, « la réduction des coûts de
maintenances, et d’exploitation ».
La CGT accuse, par exemple, la direction d’EDF de tenter de raccourcir au
maximum les durées d’arrêt des centrales afin d’accélérer leur remise en
service. Pour se faire, certains travaux pourtant nécessaires au bon
fonctionnement des installations ne seraient pas effectués.
Deuxième sujet d’inquiétude des syndicats : la place grandissante de la
sous-traitance et la dégradation des conditions de travail et sociales des
salariés de ce secteur. Le transfert de compétence du public vers le privé
en matière de maintenance des centrales qui s’opère via le développement de
la sous-traitance aboutit petit à petit, selon Bernard Devers de la
fédération de la métallurgie, à une « prise de contrôle par le secteur privé
du nucléaire civile ». Le rôle croissant de la sous-traitance s’accompagne
également selon les syndicats d’une pression accrue sur les salariés de ces
entreprises. Dégradation des salaires, du niveau de protection sociale mais
aussi dégradation des conditions de travail. Outre une augmentation de la
pénibilité du travail, ce phénomène se traduit par « une perte de compétence
et de savoir-faire » en raison du recours à une main-d’oeuvre de moins en
moins qualifiée.
Plus généralement la fédération de la CGT de l’énergie dénonce « la pression
financière, attendue dans le cadre de la privatisation ». Une pression qui
aboutit à des « mesures de restrictions budgétaires imposées dans les
centrales ». Hors ces restrictions « font désormais franchir un seuil de
risque inacceptable car réellement dangereux ».
Pierre-Henri Lab
05/01/2006

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