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Gérard Brégier

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Expertise CHSCT Plan GIAT 2006
(Source : WWW.cgt-giat.fr)

Un rapport qui révèle les conséquences terribles du Plan GIAT 2006 sur
l’état de santé des salariés
Il aura fallu de nombreuses années d’intervention des élus CGT, dans les
CHSCT, mais aussi au niveau des CE et du
C.C.E. pour que l’ensemble des organisations syndicales et surtout la
Direction de GIAT industries prennent conscience de la nécessité d’engager
une véritable expertise sur la dégradation de l’état de santé des
personnels, que certains médecins du travail ne parvenaient plus à taire
dans leurs rapports annuels. Celui du médecin de Saint-Chamond /Saint-Etienne
sur l’année 2004 témoigne encore des troubles et angoisses répertoriés lors
des visites systématiques.
Depuis plusieurs années, la CGT a manifesté son inquiétude vis à vis de
l’augmentation des arrêts de travail, la recrudescence des pathologies
lourdes et invalidantes, les taux anormalement élevés de syndromes
dépressifs ou encore des taux de mortalité pré et post départs qui dépassent
largement les taux constatés dans les industries comparables.
Ces inquiétudes étaient confirmées par les chiffres fournis dans les
rapports annuels des contrats « Soins de Santé » ou « Prévoyance » de la
Mutuelle.
Ce sont aussi les discussions menées avec les collègues qui révélaient un
véritable mal-être au travail, des témoignages souvent poignant de copains
qui tiennent à coup d’anxiolytiques ou d’anti-dépresseurs, ceux que l’on
côtoie au quotidien et que le stress ravage, que l’angoisse du lendemain
transforme.
Face à tous ces signaux d’alerte et partout où elle en avait la possibilité
du fait des majorités dans les instances, la CGT a fait voté des
résolutions, demandé un CHS/CT au plan national (toujours refusé à ce jour),
et engagé des expertises par le biais des CHS/CT tel que l’y autorise
l’article L.236-9 du Code du Travail lorsque les représentants du personnels
estiment qu’il y a un risque grave pour la santé des salariés.
A Roanne, Saint-Chamond et Tarbes, les secrétaire CGT des CHS/CT ont donc
soumis une résolution demandant la mise en œuvre d’une expertise, désignant
par la même un cabinet d’experts agréé par les ministères.
A Saint-Chamond, comme à Roanne, c’est le cabinet Emergences qui a été
choisi et a mené un travail en profondeur. Sur Saint-Chamond, le cabinet
Emergences vient de communiquer un rapport de 85 pages qu’il va présenter au
CHS/CT ainsi qu’à l’ensemble des élus du Comité d’Etablissement.
Les thèmes sur lesquels le CHS/CT avait demandé avis portait sur:
-un diagnostic précis de l’état de santé physique et psychologique des
salariés dans le contexte du Plan GIAT
2006 ; -les éléments de compréhension de la dégradation de l’état de santé
des salariés ; -des propositions de mesures effectives contribuant à la
protection de la santé physique et mentale des
salariés.
UNE METHODOLOGIE QUI RENCONTRE L’AVAL ET SURTOUT L’ATTENTE DES SALARIES.
Dès les premières réunions d’informations organisées par la direction et
menées par le cabinet en présence des élus du personnel, il est apparu une
véritable attente des salariés qui avaient besoin d’exprimer leur mal-être.
Plus de 260 salariés ont participé à ces réunions d’informations qui ont été
suivies d’entretiens individuels volontaires au cours desquels un
questionnaire santé était soumis aux personnels.
72 salariés volontaires ont été ainsi reçus, sur une durée d’une heure
trente chacun, soit 10% de l’effectif, objectif fixé pour avoir une
véritable vision de la situation. Ce taux de participation, au vu des
expériences passées, est, selon le cabinet luimême assez impressionnant.
L’échantillon des volontaires était particulièrement représentatif du
salariat, tant en ce qui concerne le statut, l’âge, la catégorie
socioprofessionnelle ou le sexe. La Direction, les responsables d’activités,
les élus du personnels ont également été entendus.
UN CONSTAT ALARMANT QUE NE DOIT PAS IGNORER LA DIRECTION
Les données qualitatives et quantitatives relatives à l’état de santé des
salariés de Saint-Chamond et de Saint-Etienne révèlent une importante et
collective dégradation de la santé depuis ces deux dernières années.
Ont été identifiés : -Des troubles physiques : troubles du sommeil,
dérèglements psychologiques, maladies, douleurs,. 67% des
répondants déclarent être affectés par des problèmes d’insomnies depuis
l’annonce du plan GIAT 2006. -Des troubles cardio-vasculaires,
dermatologiques, gastriques, allergiques sont souvent évoqués -Des troubles
psychologiques : anxiété, irritabilité, baisse de l’estime de soi, asthénie
psychologique. 71% des
répondants déclarent être affectés par l’anxiété depuis l’annonce du plan,
68% par l’irritabilité.
-Des troubles comportementaux : recours à des produits calmants ou
excitants, absence, impact sur l’activité cognitive, isolement social. 51%
des répondants déclarent avoir eu recours durant ces deux dernières années,
à des médicaments pour faire face aux situations de stress et/ou de mal-être
liées au travail. Les problèmes liés à l’alcool, au tabagisme sont souvent
abordés comme un refuge pour fuir une réalité à laquelle le salarié ne peut
plus ou ne sait plus comment faire face.
-Au regard du diagnostic pratiqué, le risque de violence à l’égard d’autrui
ou de soi-même ne peut être écarté. 22% déclarent avoir été suivis et
traités par un médecin pour dépression ces deux dernières années. 20% des
répondants déclarent avoir eu, au moins une fois, des pensées suicidaires
dans cette période. Cette réalité que la Direction s’est toujours refusée à
admettre vient malheureusement de se confirmer dramatiquement, le week-end
de Pentecôte, par le geste désespéré d’un salarié du centre de Roanne,
ouvrier technicien de 44 ans, toujours sous la menace d’une notification et
père de deux enfants.
NE PAS FAIRE D’AMALGAME SIMPLISTE…CERTES, MAIS NE PAS IGNORER NON PLUS LES
RAVAGES DES PLANS SOCIAUX.
A chaque fois que la CGT a voulu aborder cette question, que ce soit sur
l’état de santé des salariés ou à l’occasion de drames, la Direction a
toujours renvoyé ces faits à des causes extérieures à l’entreprise. La
multiplication des maladies graves (cancer, maladie cardio-vasculaire, etc
…) n’était à ses yeux que le résultat de mauvais comportements (tabagisme,
alcool, etc..).
Lorsque des cas extrêmes se sont produits, là encore c’était dû à des
problèmes d’ordre familial, financiers, relationnels, etc….mais jamais à ce
que le salarié vivait (et souvent très mal) sur son lieu de travail.
Les raisons de ce refus de voir la réalité en face tiennent de la même
logique que les « batailles » menées par les directions contre la
reconnaissance des accidents du travail ou des maladies professionnelles.
Il faut à tout prix, selon la doctrine patronale, déculpabiliser
l’entreprise et faire reposer les responsabilités sur le salarié qui serait
la cause de tous ses maux. Alors qu’aujourd’hui tout le monde parle de
violence routière, d’insécurité en tous lieux, etc….ces mots n’auraient plus
aucun sens lorsqu’ils s’appliquent à l’entreprise.
Il n’y aurait donc pas de violence au travail ni d’insécurité au travail. Et
ceci alors que le monde de l’entreprise est de plus en plus mal vécu par
toutes les catégories socio professionnelles, dont plus aucune n’est
épargnée par les restructurations aveugles qui touchent tous les secteurs
d’activités.
Le lien de causalité des plans sociaux sur la dégradation de l’état de santé
des personnel est pourtant vérifié dans de nombreuses études et notamment
celle de cinq médecins du travail de Grenoble qui ont clairement identifié,
à partir de l’observation de cinq entreprises soumises à des plans sociaux,
les symptômes dont souffrent les individus confrontés à la perte de leur
emploi.
On y retrouve ceux décrits par les salariés de GIAT Saint-Chamond et
Saint-Etienne.
Le rapport ne se contente pas de dresser un constat de l’état de santé, il
en recherche les causes.
Elle sont multiples, certes, mais certaines reviennent inlassablement et
elles sont directement en lien avec le vécu des salariés de Saint-Chamond et
Saint-Etienne et leurs particularités du fait :
‹ de la situation locale de l’emploi (une étude approfondie a été menée sur
le bassin de la Loire) ‹ du cumul par les salariés de critères discriminant
de retour à l’emploi, tels que l’âge élevé, l’ancienneté
élevée et la catégorie socio professionnelle ouvriers très présente. ‹ la
détention de savoir-faire spécifique et pas toujours facilement exportable à
l’extérieur. ‹ Le risque de retour à un sous-emploi. ‹ l’inexpérience
professionnelle dans d’autres univers professionnels (beaucoup n’ont connu
que GIAT ou
Creusot-Loire)
Cela se traduit inéluctablement par
‹ La peur du chômage ‹ Des craintes liées à l’instabilité et à la précarité
d’un nouvel emploi ‹ L’angoisse du déménagement, de la coupure avec sa
région, les conséquences sur le couple, sur les
études des enfants, l’éloignement des parents âgés, les problèmes
économiques que cela génère (la vente d’un bien immobilier, par exemple,
etc..)…
A cela s’ajoutent les problèmes liés à la situation spécifique de
Saint-Chamond et notamment l’incompréhension des transferts et les
conséquences de ceux-ci sur l’équilibre familial, la fatigue générée, les
risques sur la route, etc…
Qui pourrait affirmer que tout ceci n’est pas de nature à destabiliser les
salariés, à les affaiblir et à les rendre plus perméables aux attaques de la
maladie ?
DES CONCLUSIONS SANS APPEL !
Les conclusions amènent notamment :
. • A signifier au chef d’établissement ses obligations en matière de
prévoyance des risques professionnels et de protection de la santé et de la
sécurité des salariés
. • A la nécessité de mise en œuvre d’action pour rétablir l’état de santé
dégradé du fait de l’exposition aux risques relevés et dont le Plan GIAT
2006 est un de ceux qui apparaît comme le plus évident.
Car pour les experts une évidence s’impose :
Le plan GIAT 2006 a pour effet la dégradation de l’état de santé des
salariés Le Plan GIAT 2006 peut conduire à des situations de précarité
DES PRECONISATIONS DES EXPERTS POUR EVITER DES DRAMES HUMAINS ET SOCIAUX
Après avoir rappelé que l’article L.230-2 du code du travail prévoit
l’obligation de l’employeur de mettre en œuvre les principes généraux de
prévention des risques professionnels, le rapport préconise d’agir sur les
causes en mettant en avant des actions en faveur d’un retour à l’emploi qui
vont graduellement de la remise en cause du plan GIAT 2006 à des mesures
sociales permettant qu’aucun salarié ne se retrouve dans une situation de
précarité.
. • La révision de l’âge ouvrant droit aux mesures d’âge,
. • la révision du moment projeté de cessation d’activité sur les sites,
. • la prolongation au-delà de 2006 de la durée du soutien au reclassement
et de son suivi,
. • la création d’une veille des situations économiques sensibles pouvant
mener à l’état de pauvreté,
. • l’extension des garanties de substitution de revenu pour les salariés
des tranches d’âge de plus de 45 ans
Voilà autant de points argumentés qui viennent valider toute notre démarche
revendicative et les propositions que nous avons formulées jusqu’à ce jour.
A ces préconisations, touchant aux causes et donc au fond même du plan GIAT
2006, le rapport ouvre des pistes sur des actions visant à agir sur les
effets et préconise la mise en œuvre d’une veille préventive. Ces mesures se
veulent toutes complémentaires et à inscrire dans la durée, s’adressant tout
à la fois à la direction, aux salariés, à la hiérarchie et aux instances tel
le CHS/CT.
CE RAPPORT NE DOIT PAS RESTER LETTRE MORTE
Ne nous berçons pas d’illusions. La Direction, comme elle l’a toujours fait
jusqu’à présent va tout faire pour tenter de minimiser l’impact de ce
rapport et justifier ces choix à partir d’arguments, bien évidemment «
incontournables ».
L’esprit dans lequel les élus CGT ont voulu cette expertise se veut à
l’opposé d’une quelconque démarche partisane. La seule chose qui nous
intéresse dans ce dossier c’est la santé des salariés.
ON VIENT AU TRAVAIL POUR GAGNER SA VIE, PAS POUR LA PERDRE !
Cette vérité mérite d’être rappelée, aujourd’hui encore plus qu’hier. Car si
les conditions de travail , en règle générale se sont améliorées pour ce qui
est de la pénibilité, tout montre que les nouvelles méthodes de management,
le culte de l’objectif, la gestion par le stress, etc….sont en train de
faire un mal considérable qui génère des maux, certes différents, mais tout
aussi graves que ceux que pouvaient occasionner les conditions de travail
pénibles des salariés d’autrefois.
Lorsque l’on dirige une entreprise à coup de tableaux de bords, on en oublie
l’une de ses principales richesses que sont les femmes et les hommes qui la
composent.
Le rapport entre les organisations du travail et les nouveaux risques pour
la santé des salariés est devenu un sujet incontournable. Sous le poids des
tabous, la santé mentale a été trop longtemps laissée de côté. Mais
aujourd’hui, des femmes et aussi des hommes osent exprimer leurs
souffrances. Le rapport du cabinet Emergences est un témoignage de ce
nouveau mal qui ronge les salariés. Nous ne pouvons nous résoudre à un
simple constat.
Les élus CGT, dans toutes les instances représentatives du personnels mais
aussi auprès du ministère, des élus et parlementaires, sauront s’appuyer sur
ce rapport pour que d’autres orientations industrielles et sociales soient
décidées, pour que les préconisations mises en avant soit appliquées et que
jamais, ici où ailleurs, nous n’ayons à vivre des drames humains et sociaux
comme c’est trop souvent le cas dans les situations de plan sociaux.
Dès maintenant, le secrétaire du CHS/CT demande la réunion extraordinaire de
cette instance pour que le rapport soit présenté en séance plénière. Le
Comité d’Etablissement demandera lui aussi à auditionner les experts.
Les quelques éléments contenus dans ce tract, s’ils synthétisent le rapport
de 85 pages rendus par les Experts, ne peuvent à eux seuls rendre compte de
la totalité des travaux de plusieurs semaines d’enquêtes, d’entretiens et
d’analyses.
Le syndicat CGT est à la disposition des salariés qui souhaiteraient avoir
accès au rapport complet.
PARCE QUE LA SANTÉ EST UN BIEN PRÉCIEUX….. ….NE VOUS LA LAISSER PAS VOLER
ENSEMBLE, NOUS SERONS ENCORE PLUS FORTS ADHÉREZ A LA CGT !

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